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Àlles Güete !

«En utilisant une langue différente du français, que je dénonce souvent comme trop construit et étroit à manier, du moins ici en Alsace, on redécouvre différemment nos pratiques. A fortiori en alsacien, avec lequel je suis né, il est à la fois plus pertinent et plus spontané de dire nos vins.»

C’ était à l’occasion d’une soirée « A Friehjohr fer ùnsri Sproch », dans nos murs, où ma conférence « Raawe fer Laawe, Raawe wie Laawe, Raawe àls Laawe » m’a donné l’occasion de rappeler qu’il y a bien sûr le rouge et le blanc, mais aussi toutes les couleurs (Schwartz, Gaal, Brùn, unsw), que Süfer est souvent l’opposé de Làwandig, que pour moi Proper est carrément Tod."

Je trouve ce commentaire en acte de foi d'un Wìnzer -Bruno Schloegel à Wolxheim- qui pratique la permaculture (que l'on peut succinctement définir comme une forme de vie qui donne à chaque élément son milieu d'évolution le plus naturel possible). Ainsi, en prolongement de l'agriculture biodynamique étendue à l'équilibre de la personne, il n'est pas interdit de réaliser un parallèle à nos convictions, intégrant sans aucun doute nos modes de vies inspirées de siècles de culture, y compris, évidemment, notre langue... Nous savons que nos gènes sont porteurs de mémoire, cf. le Professeur Marcus Pembrey, généticien pédiatrique au University College London ou le Dr. Brian Dias, du département de psychiatrie à l’Université d’Emory , entre autre éminents spécialistes. Encore faut-il en être conscients et nous libérer quelque peu de la pression environnementale appelée "mode" ou "normalité" pour se recentrer sur ce qui nous est propre, ce qui nous est acquis en connaissance ou savoir inné.

Loin de moi l'idée de se "marginaliser", de s'isoler d'un monde qui est nôtre. L'excès de modernisme tend toutefois à nous mener aux reniements. Notre langue mérite davantage qu'une simple considération de forme d'expression remplaçable par une autre. Notre langue, comme nos gènes, sont porteurs d'une culture : non seulement d'une manière de faire, mais également d'une manière d'être et d'une forme de pensée. Tout interprète connaît la difficulté de rendre le sens propre d'un mot, d'une expression dans une langue autre que celle exprimée par la spontanéité de son locuteur ou auteur. La poésie en est sans aucun doute l'exemple le plus flagrant. C'est en ignorant, en refoulant ou en piétinant le passé que nous transformons l'image d'un peuple, d'une contrée. C'est en ignorant la réalité d'un héritage que nous nous appauvrissons sans raison, que nous nous éloignons de notre propre quiétude existentielle, étant entendu qu'il n'est pas aisé d'épouser pleinement les modes environnants qui nous sont imposés. Ne devenons-nous pas quelque peu "étrangers" sur nos propres terres, dans nos propres villages ?

Pour preuve, les nombreuses expressions qui nous échappent chaque jour davantage. Il m'a été donné de revoir la tragi-comédie de Germain Muller : "Enfin redde m'r nìmm devùn", titre traduit par "Enfin n'en parlons plus" comme si l'auteur voulait évoquer un tabou ! Mais comment peut-on traduire l'esprit qui a fait émerger un tel titre ? Combien de mots faudrait-il user pour donner toute la dimension historique, affective et spirituelle d'une telle locution ? C'est souvent, après une bonne mise au point suite à un différent, que nous disons "enfin, redde m'r nìmm devùn" : "affaire classée en quelque sorte, on passe à autre chose, on met entre parenthèses, aussi marquant que ce fût, aussi ébranlant pour nos consciences, sachons ne pas en tenir rigueur, reprenons nos anciennes confiances, notre amitié, ce que nous sommes réellement et voulons rester l'un pour l'autre, les uns pour les autres ..." ...........par Rémy Morgenthaler

Extrait de la revue d’Heimet 216 janvier 2017

Voir l’article complet dans la revue « D’Heimet » n° 216 janvier 2017




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